2018. Paris avion Pékin /train muraille à Quinhuangdao/Dalian
Dalian/ Bateau Inchon Corée du Sud/ train Séoul /Kiongiu/ Pusan/
Pusan/bateau pour le Japon- Kyu-Shu/ bateau pour Kobe/ Osaka Kyoto
Osaka avion pour Chine Shanghai
Shanghai train /Suzhou/ Nankin/Luoyang/Pigyao/ Xian /Pékin/avion Paris 2019

Xian nous donne envie d »y rester
Rompe cabezas(casse-tête) du week end du Premier Mai : réserver devient une norme
Notre vieille tactique de réserver un hébergement le premier jour pour rester seulement si c’est bien est totalement en défaut ! Le premier Mai est festivité ! Tout est complet. De plus, première nuit, surprise, la salle de bain est commune, nous sommes nombreux, la chambre double a des lits superposés… bien lire sur Booking.com !!!
Nous déménageons donc pour la seconde nuit dans une Youth hostel chaleureuse, vieille demeure avec ses 3 cours en enfilade où un soir nous préparons des raviolis avec la jeune du restaurant qui rit aux éclats.
La troisième nuit, week end du 1r mai oblige, rien à moins de 140 euro. Repli sur un hôtel moins cher, chic au demeurant, car il n’a plus que des chambres sans aucune fenêtre !!! Oui aucune fenêtre.

Habituée à travailler à l’étranger, je souffre de n’ établir que des contacts convenus. Cela me tue le plaisir de l’étranger, comme à Prague… Par chance, j’arrive à avoir un bon carnet d’adresses mais en Chine je n’avais que l’Université de Dalian comme contact, je me suis tournée vers Servas. Le principe est de recevoir et d’être reçu deux nuits dans un cadre amical. Cela n’a pas marché pour la Chine ( rares y sont les hôtes et plutot sur Canton). Par contre en Corée, au Japon et en Europe les excellentes surprises se succèdent. Et en France aussi des rencontres qui comptent – j’ai mis du temps à comprendre que cela fonctionnait en France- même si je préfère accueillir des étrangers!
Le facteur découverte des hôtes de Servas me ravit. A Kumamoto j’ai été hébergée sous le toit des ouvriers agricoles-la maison avait été détruite par un tremblement de terre – à la literie improbable. Par contre, notre hotesse Servas atypique, japonaise rousse, nous a offert un pique-nique en faisant cuire riz, algues et poissons sur une plage sauvage, L’ile Nue (film) quoi !. Deux jours après, j’étais traitée en princesse chez un chercheur de physique nucléaire de Miyazaki.


Où dormir?
Nous avons en fait recours à un bel éventail de scénarios possibles :
Magique Servas c’est à dire 2 nuits chez l’habitant https://servas.org/fr
Guest to guest : échange non lucratif d’appartements (points) avec celui de mon compagnon parisien
Booking qui a une offre diversifiée ( surprises à Qilanbao l’hotel ne recevait pas d’étranger, il a fallu l’intervention d’un Chinois démontrant qu’ils étaient obligés de nous prendre puisque la réservation était faite. A Nagasaki nous tombons dans un « love hostel » où on peut payer à l’heure…).
Improviste le tout est de trouver où laisser les bagages pour chercher un endroit (à Vientiane tout était complet, nous avons du marcher des heures avec nos bagages, l’hotel recommandé était un bouge sordide, Tout était pris car il y avait des Assisses Nationales de fonctionnaires).
Hospitalité d’amis : à Kagoshima chance d’être reçus chez la tante de Shigenori au pied du volcan Sakurajima, puis chez lui (maison héritée de ses parents rentrés en 1945 de Mandchourie). A Kyoto nous avions en 1998 grâce au mari bonze d’une étudiante dormi dans un temple du 9ème siècle (avec Internet).
La pire épreuve reste la climatisation dans les avions, les bus et les demeures












Nous en sommes à notre 22 ème logis, ce qui compte sont l’accueil et la propreté. Facteurs qui nous décident à partir ou à rester 4 nuits (Gyongju..)
Pour l’instant, nous avons toujours eu des chambres ultracalmes, propres (sauf les vitres des baies à Luo Ang ville au festival de pivoines) et avons eu bien chaud ( -8 °à l’arrivée à Pékin)
Le problème partout est Internet. Le wifi est diabolique : on nous assure que cela marche ! Souvent les connections sont réservées aux locaux que ce soit les Chinois, les Coréens ou les Japonais. C’est aléatoire, au moment où nous nous réjouissons, cela se déconnecte.



A Kyongjiu, ancienne capitale de la Corée, première expérience coréenne de dormir à même le plancher dans des pièces nues (quasi pas de meubles de rangement, rien pour suspendre les vêtements, tout est à terre). Rigolo à Kyongjiu donc, ce petit vieux Coréen qui tenait seul sa Guest House et nous gâtait au petit déjeuner d’un oeuf sur le plat!. Pas un mot d’anglais, je finis par oser le japonais ce qui lui va même si il dit que cette langue est liée à de mauvais souvenirs mais pas avec moi rit -il. .Nous étions les seuls. Il nous a donné plein de cartes et a entrepris de nous accompagner, nous forçant à prendre à gauche, à droite…Il voulait toujours sortir avec nous!
Parfois je ressens aussi chez mes hôtes Servas, ce coté intrusif « collant ». Le besoin de solitude en fait n’est pas partagé, je le vois déja avec mon propre compagnon…. Or la présence de l’autre me perturbe, je suis trop attentive ou sensible à son comportement et cela me tend. Autant j’apprécie de découvrir une sortie qui n’est pas répertoriée dans les guides de tourisme : émouvant lever du drapeau au cimetière de Pusan, atelier de poterie avec la dame, temple bouddhiste à Séoul..) autant j’aime mieux être seule pour voir le Musée qu’on ne peut manquer
En Corée traditionnellement le plancher est chauffé. Aujourd’hui à défaut de chauffage par le sol, ils utilisent les gadgets électriques comme au Japon : bord du siège des WC, tapis, couverture chauffants alors que les incendies y sont plus que courants !.
Nous avons eu la chance de loger dans un petit hotel à Pékin dans un hanok, quartier de maison traditionnelles, aménagé avec un queen bed…en Chine ces lits larges sont géniaux.
A deux reprises, à Amdong et Nagasaki en réservant sur Booking qui ne disait rien, nous sommes tombés sur des « Love hôtels » où on paie soit à la nuit, soit à l’heure ! Les deux décents et colorés, kitchs à souhait avec des gadgets, des miroirs. L’anonymat du premier était très désagréable, dans le 2ème à Nagasaki au contraire deux personnes sont venues nous parler : nous étions leur premier hôte par Booking, leurs premiers étrangers.
Les variables sont avant tout la vue, la fenêtre avec vue et le silence. Chez nos hôtes à Myazaki, nous donnions sur des collines. A Dalian comme à Pusan c’était extraordinaire : vues sur le port, sur la mer en contraste avec des chambres au Japon fermées par cloisons .


Autre point peu négligeable la salle de bain. Sauf lorsque nous avons eu la chance d’aller dans des unzens superbes ( bains en plein air, vues…) et les toilettes. Difficile de croire qu’en 1970 – 73 et même en 1975-79 à Kyoto l’état des WC était répugnant, malodorant avec dans beaucoup d’appartements les toilettes communes à la turc sur le palier…aujourd’hui il faut un permis presque pour comprendre le fonctionnement du siège avec des touches multiples (jets d’eau pour se laver avant/ arrière..), le son des vagues pour protéger son intimité = touche « Princesse Itomé ». Il y a des toilettes publiques partout en particulier dans les convenience store au Japon et en Corée.
Les couchages restent mystérieux. Si au Temple à Kyoto, nous avions 2 draps, ailleurs, au Japon, nous avions un drap et une couverture comme drap du dessous. L’opération « futon » reste sportive :il faut les ranger tous les jours dans les grandes placards. C’est lourd. Ils sont souvent très beaux (coloris rose, rouge.)
Quant aux infrastructures, la machine à laver la vaisselle reste rare. Le four aussi. C’est toujours un petit réchaud de base où tous les mets viande, poisson légume sont saisis…Mais passons à la gastronomie.

L’hospitalité pourrait étouffer comme l’affection
Ce matin comme je prenais un train, j’avais changé d’avis et renoncé à me teindre les cheveux. Et non ! mon amie Masako m’a réveillée pour me donner une brosse spéciale ! J’ai du m’exécuter.
Quand je voudrais flâner, celui-ci me barre au nom de parcours imposés. Je voudrais écouter le silence, celle-ci me parle de ses combats, de ses emprunts, du gendre irresponsable, de la brue qui ne veut pas divorcer, de son petit fils récalcitrant. Elle ajoute qu’elle ne peut confier certaines choses ici à ses proches. En mission à l’étranger, j’ai aussi éprouvé cette expérience que les gens me confient des choses intimes !!!
Plus encore, « ils » veulent savoir ce que je prends au petit déjeuner, si je fais les repas, suis propriétaire toutes choses matérielles dont je me fiche, pourquoi nous ne sommes pas mariés ? où nous nous sommes rencontrés et comment mon compagnon et moi : la réponse la piscine les laisse pantois.
La pudeur et l’intimité sont des valeurs très variables. Même entre personnes d’un même pays. Les Japonaises peuvent poser des questions pour moi envisageables ( couleur, longueur du sexe…) ou être trés indiscrets (lire un lettre ouverte qui est sur la able). De ce fait, dans la vie en couple l’autre apprend peu à peu à respecter certaines zones prioritaires.
La nuit dans le train de Nankin à Luo Yang
Superconvivial. Nous étions dans une niche à 6 couchettes. Si les jeunes ne quittent pas leur écran, les ainés nous parlent en chinois comme si nous les comprenions. Ou ils miment. Puis très souvent, ils nous montrent des photos des uns et des autres sur leur Smartphone. C’est la fête. Dans le train de Pékin à Quinhuangdao, un étudiant avec qui on a bien discuté en anglais , nous escorte à l’arrivée. Il téléphone à notre hotel pour donner l’adresse à notre taxi. L’hotel où on a réservé sur Booking rétorque qu’il ne prend pas d’étrangers. Il se fache, nous accompagne et nous impose. En fait personne ne parlait une langue étrangère. C’est donc un peu de peur. Quand je désigne un arret de bus sur ma carte bilingue, l’employé de la réception se lève et il va nous guider près de 20mn à pied , une grande courtoisie. Au petit déjeuner je n’ai pas réussi à trouver quelquechose d’identifiable à manger. Les apparences, les odeurs ne me mettaient pas du tout en appétit.
Luxe du bain public à bord en Mer de Chine
J’ai préféré de loin la nuit à 8 personnes sur le parquet-tatami du bateau entre Pusan et Fukuoka que celle en couchettes superposées entre Dalian et le port de Séoul. Gare aux ronflements dans tous les cas. Un des plus grands luxes que je retrouve est le sento bain public à bord dès qu’on s’éloigne des cotes de la Corée. J’entre du coté babord réservé aux femmes, salle séparée de la mer par une grande vitre. Les poissons nous regardent dans cet aquarium magique. Des femmes nues, les unes jouent avec les enfants, les autres se lavent mutuellement, leurs sourires m’accueillent et leurs regards me suivent avec taquinerie.





A mon compte, l’hétéroclite est aussi au rendez-vous. Il y a les nuits où tout est complet et où nous échouons-pas seule -dans un bordel à la campagne en Thaïlande ou par mégarde au Ghana…la chambre d’Ujung Pandang où je partage une ampoule au-dessus de la paroi avec le voisin et où la planche du lit se rompt en plein nuit. Les hotels désuets des Philippines affichant au menu pour Noël « Roast children » ( chicken?) où la tempête a failli emporter le toit.
Et ailleurs sur la planète
A Machu Pichu des paysans ne nous ont pas laissé continuer à marcher vu la menace du ciel. Nous avons passé la nuit dans leur maison au sol en terre battue : une seule pièce sans fenêtre où le maïs était stocké dans un coin. La radio en Inca. J’ai donné mon petit miroir à notre hôtesse qui le regardait fascinée.

A Sulawesi, nous avions voulu voir les papillons géants et raté le bus unique, le chef du village nous a logés au milieu de ses enfants. Le lendemain nous découvrions grâce à notre hôte un site extraordinaire après nous avoir montré un masque en or et des parures conservées dans une boite à biscuits en métal. Quelle émotion de revoirdes photos de ce ce site au Musée de l’homme : Grotte de Leang Timpuseng. Contre toute règle approcher les grottes exigeaient de traverser un marécage, l’eau à la taille ( à mon retour une fièvre « quarte » m’a conduite à l’hopital Boucicaut où j’étais un « cas fort intéressant », j’ai du me sauver ).

